Un nouveau test d’urine à l’essai aux E.U.

Un nouveau test d’urine combine les données de PCA3 et d’un gène de fusion pour prédire le risque de cancer de la prostate

Il y a beaucoup de couverture médiatique au sujet d’un test d’urine « nouveau » pour le diagnostic du cancer de la prostate, actuellement développé par l’Université du Michigan en combinaison avec GenProbe (San Diego). Déterminer si la valeur réelle du test pourra vivre aussi longtemps que la couverture médiatique va prendre un certain temps…
La couverture médiatique est basée sur un article de Tomlins et al., publié en ligne hier dans Science Translational Medicine et sur un communiqué de presse du site Web de l’Université de Michigan Health System. Des commentaires ont paru dans tous les médias américains, de USA Today et le site Web MSNBC à Los Angeles Times ‘Booster Shots blog’ et MedPage Today.
Le nouveau test est en fait basé sur la combinaison de données provenant d’un échantillon d’urine qui est testé pour des niveaux élevés de gène 3 (PCA3) et pour la présence de fusion entre deux gènes: la protéase transmembranaire, sérine 2 (TMPRSS2) gène et la v STE-virus de l’érythroblastose E26 oncogène (ERG). Ce gène de fusion est généralement connu comme TMPRSS2: ERG. Plus de la moitié de tous les cancers de la prostate historiquement trouvés par dosage du PSA se trouvent avoir de tels gènes de fusion.
Alors qu’ont réellement démontré Tomlins et ses collègues ?
Ils urines recueillies de façon prospective sur l’ensemble des 1 312 hommes ayant des niveaux élevés de PSA chez qui l’on a prévu une biopsie sur un certain nombre de différents centres universitaires et centres médicaux communautaires. (Nous supposons que cette urine a été recueillie après massage prostatique vigoureux, car c’est un élément essentiel de la collecte d’urine pour le test PCA3) Ils ont ensuite testé cette urine pour son niveau PCA et à la présence du gène de fusion TMPRSS2: ERG, et ils ont utilisé ces données, avec d’autres données habituellement utilisées dans le calculateur d’essai de prévention des risques de cancer de la prostate, pour projeter le risque que le patient a effectivement de développer un cancer de la prostate. Enfin, ils ont comparé leurs résultats projetés aux résultats réels trouvé pour ces patients sur une biopsie de la prostate.
Ils affirment que leurs résultats montrent ce qui suit:
• La présence de TMPRSS2: ERG dans l’échantillon d’urine, en combinaison avec les résultats du test PCA3, améliorent les performances du calculateur multivariant ‘Porstate Cancer Prevention Trial risk’ dans les prévisions de trouver un cancer dans les biopsies.
• Les hommes situés en haut et en bas en score dans les trois groupes TMPRSS2: ERG + PCA3 avaient des taux très différents de cancer, de cancer cliniquement significatifs d’après les critères d’Epstein et de cancer de haut grade à la biopsie.
• La présence de TMPRSS2: ERG dans l’échantillon d’urine, en combinaison avec le niveau de PCA3 améliore l’utilité du PSA sérique pour prédire le risque de cancer de la prostate et le cancer cliniquement significatif à la biopsie.
Les auteurs précisent que ces données leur ont permis de «prédire de façon fiable si les patients avaient un cancer de la prostate ainsi que les hommes qui étaient plus à risque de maladie agressive. »
Cependant … il ya beaucoup d’avertissements qui viennent avec les données de cette étude.
En premier lieu, les auteurs eux-mêmes ont souligné que la plupart de leurs sujets test étaient d’origine ethnique Caucasienne, ainsi nous ne savons absolument pas si ce test est plus ou moins précis chez les Afro-Américains ou d’autres groupes raciaux.
Deuxièmement, ce test va probablement permettre aux médecins de ne pas proposer une biopsie au patient (encore, sur la base des données actuellement disponibles). Encore une fois, pour citer les auteurs (voir le commentaire sur HealthDay), «il ya toujours une chance que vous allez manquer un cancer qui n’a pas un de ces deux marqueurs. » À plus long terme, il est possible que certains pourraient être suivis avec un tel test sous surveillance active, sans la nécessité d’une biopsie, mais le « New » Prostate Cancer InfoLink croit qu’une telle possibilité aura besoin de données beaucoup plus poussées avant que cette stratégie puisse devenir largement acceptée.
Interrogé sur son opinion d’expert sur la valeur potentielle de ce nouveau test, le Dr Anthony D’Amico (de la Harvard Medical School et Hôpital Brigham and Women à Boston) est cité comme disant que ce test est « un pas en avant, mais nous avons encore un chemin à faire.  » Il a indiqué que ce qui ce test nous dit que« En moyenne, le risque est plus élevé chez les personnes ayant les deux marqueurs et plus bas chez les personnes qui n’ont ni l’un ni l’autre, mais c’est une moyenne.  »
Le résultat est que (actuellement), ce test fournit quelques informations supplémentaires pour les hommes ayant un niveau élevé de PSA qui sont plus à risque de cancer de la prostate et de cancer de la prostate cliniquement significatif. Toutefois, la prédiction est statistique mais ne donnera bien entendu jamais de certitude.(Mais la biopsie ne donne pas non plus de certitude….pour les faux négatifs notamment)

L’équipe de recherche prévoit actuellement de rendre ce test disponible « bientôt » au centre du cancer de la prostate de l’Université du Michigan.

Note de SPI : Il reste à voir également quel pourrait être le coût de ce nouveau test, car le coût du test PCA3 est déjà à lui seul élevé…
Un bilan économique serait souhaitable consistant notamment à comparer l’économie réalisée par les biopsies non réalisées ou différées et le coût supplémentaire lié à l’utilisation de ce nouveau test.

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